Né le 25 juin 1931 à Maël-Carhaix, Emile Le Scanff (Milig Ar Scanv, qui se rebaptise très vite : Glenmor, terre-mer) est élevé dans une modeste famille de paysans du Poher. Il étudie au petit puis au grand séminaire le latin, le grec et le breton. Il en gardera un profond sentiment anticlérical et y forgera son caractère rebelle, un trait, qui, par son attachement à sa culture, le marquera pour la vie. Homme de la terre, à la fois barde et tribun, la voix puissante, théâtral à l’occasion, Glenmor s’était ainsi rapproché de Léo Ferré, avec qui il a tourné pendant deux ans.
Titulaire d’une licence de philosophie obtenue à Rennes, il monte sur scène pour la première fois à Paris. En 1959, il mettra tout son cœur à faire reconnaître dans la capitale sa “petite Bretagne de moindre pays”. Porté par le renouveau des cultures régionales qu’il a lui-même favorisé, il triomphe enfin à la Mutualité en 1969 et 1970, où le public communie avec des chansons comme
Titulaire d’une licence de philosophie obtenue à Rennes, il monte sur scène pour la première fois à Paris. En 1959, il mettra tout son cœur à faire reconnaître dans la capitale sa “petite Bretagne de moindre pays”. Porté par le renouveau des cultures régionales qu’il a lui-même favorisé, il triomphe enfin à la Mutualité en 1969 et 1970, où le public communie avec des chansons comme
“Credo de la joie” ou “Névénoé”. En dépit des censures dont il fait l’objet à la télévision et à la radio françaises, il y donne de nombreux récitals dont un accompagné à la harpe par Alan Stivell. Il enchaîne les albums avec d’innombrables rencontres (Brassens, Ferré, Brel,…). Glenmor est aussi un artiste engagé ; il compose le Kan Bale An A.R.B. ( chant de l’Armée Révolutionnaire Bretonne).. Gilles Servat lui rend hommage dans sa chanson “Ki Du”.
A cette époque, une circulaire du ministère de l’information affirmait que “diffuser Glenmor sur les ondes nationales était une position politique condamnée par la Constitution”, rappelle son guitariste Fanch Bernard. “Avoir tort, écrivait-il, c’est souvent avoir seul raison contre tout le monde”. En 1978, il est élu “Breton de l’année”. En 1979, il observe une grève de la faim pour protester contre la détention d’un militant breton arrêté à la suite d’un attentat contre le château de Versailles . En 1990 , il décide de mettre fin à sa carrière de chanteur pour se consacrer à l’écriture. Il est emporté par un cancer six ans plus tard à Quimperlé, à un moment où la chanson bretonne connaît un renouveau, symbolisé par le retour des vétérans Tri Yann, Gilles Servat, Alan Stivell et le succès discographique de Dan Ar Braz avec son Héritage des Celtes.
Rendant compte des ses obsèques dans Le Télégramme, Bertrand Le Bagousse lui rend un dernier hommage : “Glenmor n’est plus, la Bretagne est en deuil. Elle a perdu son barde légendaire. Tous ses amis, ceux du mouvement mais aussi une foule d’anonymes et de personnalités lui ont rendu hommage samedi après-midi (22 juin 1996) en l’église de Maël-Carhaix. Trop petite pour contenir les 3.000 Bretons venus saluer une dernière fois le poète épris de culture. Il y avait de la fierté dans les drapeaux “Gwenn a du”, de la tristesse sur les visages de ceux qui le portaient. Bien vite, la petite place devant l’église s’est aussi remplie d’une foule recueillie. Certains avaient apporté du genêt .Le cercle de fidèles de Glenmor, Emile Le Scanff de son vrai nom, était là. Ghislain
Gouvy, barde flamand a prononcé une oraison funèbre, “un nom aux deux syllabes existentielles”, Glen-la-terre, Mor-la-mer. Le père Yann Talbot célébrait la cérémonie, essentiellement en breton : Un même amour de la Bretagne et de sa culture nous unit. C’est une grande victoire de Milig… Milig avait pris ses distances avec l’Eglise mais les valeurs de l’Evangile lui tenaient à cœur.A travers son œuvre, ses chansons, il a construit un beau mur de l’édifice que nous construisons tous ensemble”.
Dans son homélie, il a aussi rappelé le message de Glenmor : élever l’âme du peuple breton, la recherche d’un monde meilleur… “Melig a aujourd’hui atteint ces rivages”.
…. Puis, il a bien fallu conduire le poète à sa dernière demeure. Derrière une forêt de drapeaux bretons, l’immense cortège s’est alors dirigé vers le cimetière, les accents poignants du bagad de Quimperlé rythmant la marche. Dernier au revoir. Prières. Mais aussi le Bro goz mazadou, entonné par ses amis. Samedi, les mouvements bretons étaient un peu orphelins. Et l’aura du barde planait encore sur l’assemblée.
….. A la porte du cimetière, un grand Gwenn a du a été tendu. Chacun a jeté une pièce, un billet : Avec cela, on lui fera une stèle ”.
Jo Caro
A cette époque, une circulaire du ministère de l’information affirmait que “diffuser Glenmor sur les ondes nationales était une position politique condamnée par la Constitution”, rappelle son guitariste Fanch Bernard. “Avoir tort, écrivait-il, c’est souvent avoir seul raison contre tout le monde”. En 1978, il est élu “Breton de l’année”. En 1979, il observe une grève de la faim pour protester contre la détention d’un militant breton arrêté à la suite d’un attentat contre le château de Versailles . En 1990 , il décide de mettre fin à sa carrière de chanteur pour se consacrer à l’écriture. Il est emporté par un cancer six ans plus tard à Quimperlé, à un moment où la chanson bretonne connaît un renouveau, symbolisé par le retour des vétérans Tri Yann, Gilles Servat, Alan Stivell et le succès discographique de Dan Ar Braz avec son Héritage des Celtes.
Rendant compte des ses obsèques dans Le Télégramme, Bertrand Le Bagousse lui rend un dernier hommage : “Glenmor n’est plus, la Bretagne est en deuil. Elle a perdu son barde légendaire. Tous ses amis, ceux du mouvement mais aussi une foule d’anonymes et de personnalités lui ont rendu hommage samedi après-midi (22 juin 1996) en l’église de Maël-Carhaix. Trop petite pour contenir les 3.000 Bretons venus saluer une dernière fois le poète épris de culture. Il y avait de la fierté dans les drapeaux “Gwenn a du”, de la tristesse sur les visages de ceux qui le portaient. Bien vite, la petite place devant l’église s’est aussi remplie d’une foule recueillie. Certains avaient apporté du genêt .Le cercle de fidèles de Glenmor, Emile Le Scanff de son vrai nom, était là. Ghislain
Gouvy, barde flamand a prononcé une oraison funèbre, “un nom aux deux syllabes existentielles”, Glen-la-terre, Mor-la-mer. Le père Yann Talbot célébrait la cérémonie, essentiellement en breton : Un même amour de la Bretagne et de sa culture nous unit. C’est une grande victoire de Milig… Milig avait pris ses distances avec l’Eglise mais les valeurs de l’Evangile lui tenaient à cœur.A travers son œuvre, ses chansons, il a construit un beau mur de l’édifice que nous construisons tous ensemble”.
Dans son homélie, il a aussi rappelé le message de Glenmor : élever l’âme du peuple breton, la recherche d’un monde meilleur… “Melig a aujourd’hui atteint ces rivages”.
…. Puis, il a bien fallu conduire le poète à sa dernière demeure. Derrière une forêt de drapeaux bretons, l’immense cortège s’est alors dirigé vers le cimetière, les accents poignants du bagad de Quimperlé rythmant la marche. Dernier au revoir. Prières. Mais aussi le Bro goz mazadou, entonné par ses amis. Samedi, les mouvements bretons étaient un peu orphelins. Et l’aura du barde planait encore sur l’assemblée.
….. A la porte du cimetière, un grand Gwenn a du a été tendu. Chacun a jeté une pièce, un billet : Avec cela, on lui fera une stèle ”.
Jo Caro


